Faculte europeenne de sophrologie

Sophrologie paradigmatique

La sophrologie paradigmatique a pour objet l'étude des paradigmes de la pensée humaine.
Cette approche s'impose d'elle-même, en ce début du 21° siècle, à une période où le paradigme scientiste s'essouffle.

Toute évolution se traduit par des valeurs que les consciences individuelles s'approprient avec plus ou moins de bonheur. Du XVI siècle à ce jour, nous sommes passés de la terre centre de l'univers au soleil centre de l'univers pour arriver aujourd'hui à ce qu'on ne soit qu'une étoile parmi des milliards d'étoiles. Cet anonymat cosmique laisse beaucoup sur sa faim car à l'intérieur de chacun persiste la sensation de centre.

La science apparait aujourd'hui, de plus en plus et de façon naturelle, comme un discours à postériori sur les processus du phénomène que le phénomène lui-même. La science devient descriptive et non explicative de la vie. Par conséquent DEVENIR redevient une question cruciale pour les individus et les groupes humains. Il y a changement dans les références.

Le développement de soi, est-ce toujours libérer la pulsion (psychanalyse freudienne) ou utiliser toute sa volonté, rien que sa propre volonté (existentialisme, phénoménologie) ?
S'acquitte-t-on existentiellement par le « je suis » et le « j'ai conscience »? Quelle action tire-t-on de l'unité du sujet et de l'objet ? Nous agissons de façon dialectique ou sommes nous
agis par la dialectique ?
Il y a l'histoire et la conscience de l'histoire, il y a la liberté avec conscience et la liberté sans conscience. Entre quoi et quoi chercher aujourd'hui l'équilibre ? Le centre ou le milieu dans la réalité duale est-il vertical ou horizontal ?
Crise de la personne ou crise des valeurs : le développement de soi est une recherche personnelle dans une finalité,& , quelle finalité aujourd'hui ?

Nous entendons « paradigme » dans le sens de Thomas Samuel Kuhn (1922-1996), philosophe et historien des sciences. Il s'est principalement intéressé aux structures et à la dynamique des groupes scientifiques à travers l'histoire des sciences. Il est principalement connu pour son ouvrage la Structure des révolutions scientifiques (1962).

Pour Kuhn, l'histoire des sciences permet d'expliquer la dynamique des sciences non pas d'un point de vue uniquement cognitif, mais en tenant compte de facteurs sociaux. Il y développe la thèse d'une science progressant de manière fondamentalement discontinue, c'est-à-dire par non accumulation mais par rupture. Ces ruptures, appelées révolutions scientifiques, sont selon Kuhn analogues à un renversement des représentations des savants (ce que les psychologues de la perception appellent une gestalt switch).
Pour illustrer ce basculement, il emprunte entre autres l'exemple du « canard-lapin » à Wittgenstein. Selon le regard posé sur ce dessin, on y reconnaît alternativement le profil d'un canard ou d'un lapin. Kuhn transpose ce phénomène à la science. À un instant « t », correspondant à un état particulier des croyances sociales porteuses d'un point de vue sur la nature, le scientifique a une représentation théorique particulière du monde. Celle-ci change dès que le point de vue se modifie. Les facteurs influençant les points de vue des scientifiques peuvent être modélisés et analysés par l'épistémologie : il s'agit essentiellement de crises correspondant à une mise en échec fondamentale du cadre scientifique en place, incapable de fournir les outils théoriques et pratiques nécessaires à la résolution d'énigmes scientifiques. Les concepts de paradigme, de « science normale » et de « science révolutionnaire » forment la base du modèle kuhnien.

Un paradigme n'est pas rejeté dès qu'il est réfuté, mais seulement quand il peut être remplacé.
Pour appuyer son point de vue, Kuhn passe en revue l'Histoire des sciences, détaillant enparticulier les cas de la mécanique newtonienne et de la naissance de la chimie moderne. Il mentionne également la relativité générale, la tectonique des plaques et les théories del'évolution.

Le devenir des individus se fait par signification du réel. L'objectivité et la véracité de notre manière de signifier le réel est le plus souvent empirique. C'est paradigmatique, « ça fait référence en nous ». Le paradigme est individuel, il est aussi et surtout collectif et culturel.
La pensée philosophique en général et en particulier l'épistémologie permet de réaliser une « Métaconscience » pour dégager des nouvelles significations et par conséquent des nouveaux repères.
Si la sophrologie a pris de l'essor au départ, c'est par la mouvance culturelle protestataire du milieu du 20° siècle qui affirmait la suprématie de l'esprit sur la matière en rejetant matérialisme, rationalisme et consumérisme de la civilisation occidentale. Saura-t-elle répondre, aujourd'hui, aux besoins de l'homme du 21° siècle ?

Comprendre la conscience et en faire l'expérience en termes de mécanicisme dialectique et phénoménologique suffit-il pour Devenir sur un plan horizontal ? Autrement dit, l'état sophronique ouvre la conscience vers des champs transcendantaux. Mais quoi en faire, dans notre système de référence, entre naturalisme et mysticisme ?

La sophrologie paradigmatique fait partie de l'enseignement des sophrologues au 6° cycle de formation (Niveau III RNCP).