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Nous
nous demandons aujourd'hui si les phénomènes évoluent
de manière linéaire ou circulaire. Devenir c'est
peut-être la même histoire qui se répète
dans des formes différentes, à des époques
différentes. Nous faisons référence, ici
à la circularité du temps. Le devenir est une question
que tout être humain se pose ou se posera de son vivant
à partir du moment où il est dans le monde. Nous
vivons ce qui est communément appelé " progrès
" de manière linéaire et nous vivons le devenir
existentiel de manière circulaire.
L'homme
ne crée pas et n'invente pas dans l'absolu, il vit des
contextes sociaux et culturels qui l'amènent à structurer
le réel d'une certaine façon. Il est structuré
pour structurer le réel, il ne peut pas ne pas donner et
se donner du sens. C'est pulsionnel.
C'est dans cette interaction au milieu qu'il élabore et
développe des théories et des idéaux. Il
modélise le sujet et l'objet et la relation les reliant.
L'étude du sujet éclaire et définit l'objet
même si ce dernier n'est pas toujours perceptible physiquement
et vice versa. Le vide définit le plein et le plein définit
le vide. Nous sommes peut-être arrivés, en ce début
de 21° siècle, à ce paradigme de la bouteille
mi-vide, elle est en même temps mi-pleine. Elle n'est pas
vide et elle n'est pas pleine, que peut-elle être ?
L'homme modélise parce qu'il est habité par l'harmonie
et fait l'expérience des paradoxes d'une réalité
duale, il vit le manque et l'incomplétude.
Nous n'allons pas étaler, ici, tous les modèles
élaborés à ce jour, nous allons plutôt
présenter les besoins qui le caractérisent et qui
motivent ses élaborations. Nous pouvons résumer
phénoménologiquement ces besoins en trois types
:
1-Besoins
physiques et biologiques
2-Besoins d'estime et de reconnaissance
3-Besoins de donner du sens en lien avec le devenir et la transcendance.
La
réponse aux besoins physiques et biologiques a permis par
exemple l'accès à de meilleurs abris et à
l'amélioration de la sélection de l'espèce,
elle a permis aussi l'institution de propriété,
du mariage et la structuration des liens filiaux.
La réponse aux besoins d'estime et de reconnaissance a
permis par exemple de grandes révolutions culturelles qui
ont donné lieu à ce qui est communément admis,
aujourd'hui, comme progrès social ou scientifique.
La
réponse aux besoins de type III permet de donner du sens
à son existence et à l'existence, cela a permis
de structurer des philosophies et des systèmes de pensée
transcendantaux, ils transcendent la réalité sensible
tout en la contenant. Ce sont des systèmes qui se veulent
cosmiques et universels.
Et c'est parce qu'ils sont transcendantaux qu'ils ont permis à
l'homme de combler un certain nombre de frustrations résultant
de la non satisfaction des besoins de type I et II. Sigmund Freud
qualifie ces systèmes de " névrose collective
" et Karl Marx les qualifie " d'opium des peuples ".
Nous pensons, avec le recul d'aujourd'hui, qu'ils ont voulu certainement
qualifier l'utilisation qui en a été faite, à
une période donnée, dans le continent Europe. Nous
ne pensons pas, dans ce contexte de changement paradigmatique,
que la globalité de ces systèmes puisse être
qualifiée ainsi. La connaissance et la conception du réel
sont " contextualisées " dans un milieu déterminé.
La
réponse aux besoins de type III se traduit par une phénoménologie
consciente et inconsciente de recherche personnelle. Certaines
théories considèrent la vie dans ce monde, dans
sa totalité et telle qu'elle est, comme une recherche personnelle
:
1-
La connaissance :
L'homme
est en connaissance continue, en croissance perpétuelle.
Dans une
relation sujet-objet, nous apprenons de tous les jours, que l'objet
soit physique ou humain. Pour Husserl, la conscience est intentionnalité.
Pour Rogers, l'homme est un être en expansion, la personnalité
doit être saisie dans son mouvement permanent, elle est
croissance, développement et maturation.
2-
" Le qui suis-je " ? et son corollaire " le pourquoi
des choses " ?
Se
situe en arrière-plan de la démarche de connaissance,
la question identitaire de nos besoins, de nos désirs,
de ce que nous voulons. Nous sommes porteur de façon permanente
de ce questionnement.
A la fin du 20° siècle, les outils, les moyens pour
connaître et se connaître fusent dans tous les sens.
Le paradigme est resté naturaliste et déterministe
même s'il s'est voulu absolu et universel.
3-
Le sens :
L'homme
a le pressentiment qu'il y a un sens absolu ou tout au moins permanent
aux choses qui " doit " se traduire à un niveau
personnel par une sensation de complétude et de sérénité
intérieure. Il est structurellement porteur de mal-être
et d'angoisse.
C'est par la " conscience " que nous éprouvons
ce pressentiment. La conscience, c'est aussi une capacité
de synthèse, une capacité qui nous permet de dégager
du sens à partir de l'objet paradoxal de la réalité.
4-
La recherche du bonheur :
qu'on
peut traduire sur un plan profane par " plaisir ", sur
un plan plus abstrait
par " reconnaissance " et sur un plan subtil par "
paix " et " bien-être ". Aucune définition
n'épuise le sujet, mais nous pensons, à la lumière
des expériences des uns et des autres, que le bonheur pourrait
résider dans " croire ou se représenter que
demain est meilleur qu'aujourd'hui ". Dans la psychopathologie
de la dépression, nous avons à faire le plus souvent
à un avenir en panne.
Nous n'avons pas " réponse " à tous nos
besoins et quand il y a réponse, elle ne se produit pas
toujours comme attendu, ni dans les délais souhaités.
" Se projeter dans un avenir meilleur " permet de finaliser
les frustrations du présent dans un but, dans un futur.
Nous pouvons dire que l'homme vit le présent et le rêve
aussi. L'idéal communiste par exemple ne s'est jamais réalisé
comme tel, mais il a fait progresser le monde vers plus de social
et d'égalité. Un idéal s'ajuste au fur et
à mesure moyennant changements paradigmatiques. Encore
faut-il en avoir un ? La frustration est structurelle.
La
sophrologie saura-t-elle répondre aux besoins de l'homme
du début 21° siècle et en particulier à
son devenir?
Une
première réponse sera donnée dans le premier
article de la rubrique " Articles scientifiques " du
site (II- SOPHROLOGIE, PARADIGME ET FINALITE). D'autres réponses
seront développées ultérieurement dans la
même rubrique.
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