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Transcendantal " est un terme qui peut être "
trop chargé " de nos jours compte tenu de l'histoire
de notre culture. Phénoménologiquement, ces systèmes
peuvent être considérés comme des philosophies,
une façon de structurer le réel, une vision du monde,
de la place de l'individu et l'idéal que ce dernier est
appelé à réaliser.
Sur un plan épistémologique, il y a une continuité
ou inclusion de sens entre ces deux types de philosophies. Nous
prenons pour exemple l'idéal républicain (liberté,
égalité, fraternité) et l'idéal transcendantal
d'aimer son prochain. Qui peut s'opposer à l'idée
que dans aimer son prochain, il y a forcément respect de
la liberté de l'autre et par voie de conséquence
fraternité et égalité à son égard
(dans une condition commune d'homme).
Si l'histoire a observé d'autres pratiques, ce n'est pas
dans la phénoménologie de l'expérience mais
plutôt dans la finalité donnée à celle-ci.
Le pouvoir n'est ni bon ni mauvais en soi, c'est la finalité
que nous lui donnons qui le rend bon ou mauvais. Le pouvoir est
une délégation que l'homme doit savoir rendre.
N'oublions pas que les génies de ce monde puisaient dans
la philosophie mais aussi dans ces systèmes transcendantaux.
Freud, dans ce courant de pensée naturaliste du 20°
siècle, a élaboré le principe de l'entropie
au niveau psychique à partir de la physique, mais aussi
à partir des conceptions orientales (Nirvana).
La Sophrologie elle-même en fait référence
par exemple quand elle parle de la conscience pure en la rapprochant
de cet état et des états Satori, elle en fait largement
référence dans la structuration de la méthode
" relaxation dynamique ".
Citons aussi Jung dans son élaboration de l'archétype
cosmique et transpersonnel, il le caractérise par la symétrie
et le géométrique comme dans les Mandalas.
Et en dernier lieu, parlons de nous-mêmes ; dans nos références
théoriques personnelles, nous connaissons bien beaucoup
de choses que ce que nous transmettons. Ce que nous connaissons
nous permet d'affiner des raisonnements que nous présentons
à nos élèves selon des canons intellectuels
déterminés. Nous ne citons pas toutes nos sources.
Ce n'est pas " Scientifique " ni " Raison "nable.
Nous sommes dans un autre genre de rupture épistémologique
avec le savoir.
Doit
sévir, certainement dans les parages, à notre insu
et quelque part, une censure. Il y a deux savoirs, un savoir à
narrer et un savoir à ne pas narrer, comme s'ils étaient
antinomiques alors que la finalité et les outils d'investigation
sont les mêmes (la Raison).
"
chimney Sweeping " ou " ramonage de cheminée
" rapporta Bertha Pappenheim à Breuer à la
suite d'une séance d'hypnose, cette observation a permis
à ce dernier de structurer la méthode thérapeutique
de la Catharsis et a permis à Freud de structurer le concept
de l'inconscient et d'élaborer le mécanisme du refoulement
qui rendront la psychanalyse célèbre.
Aujourd'hui, nous pouvons dire que l'objet de la pulsion a évolué
et évolue, mais la structure de la névrose est restée
la même. La cheminée du 20° siècle refoule
par ses excès naturalistes et mécanicistes.
L'homme instinct ou l'homme citoyen cherche certainement à
perlaborer un retour permanent de l'imaginal refoulé. La
question du sens unitaire fait partie de la conscience et elle
est récurrente quelque soient les époques ou les
conditions.
L'unité dont parle la sophrologie, de quelle nature est-elle
?
Oui, l'unité dont nous faisons l'expérience en état
sophronique, quel est son substratum théorique ? Dans quelle
vision d'esprit, dans quelle logique, la seule 1° réduction
phénoménologique (réduction aux choses) ?
La sophrologie ne pose pas la deuxième et la troisième
réduction phénoménologique comme référence
théorique, elle propose à la place la relaxation
dynamique II et la relaxation dynamique III dont les bases théoriques
sont orientales et sur lesquelles la sophrologie reste discrète.
Quelle finalité ? La première ou la troisième
réduction ?
Analysons les sources, quelle était l'époque de
Husserl, fondateur de la phénoménologie ? quels
enjeux ? peut-être sont-ils les mêmes que ceux d'aujourd'hui
face à un modèle naturaliste et déterministe,
à l'époque, triomphant.
Husserl (1859 - 1938), philosophe et mathématicien, a tenté
de modéliser le cheminement de la conscience dans son intentionnalité.
Il s'adressait à des mécanicistes qu'il invitait
à faire l'expérience du phénomène
d'abord sans à priori et réaliser dans un deuxième
temps sa transcendance. En 1931, il écrit un ouvrage qu'il
intitule " crise des sciences modernes et phénoménologie
transcendantale ".
La première attitude phénoménologique devait
être une attitude d'ouverture, une attitude de recherche
et d'investigation. Ce en quoi la science
déterministe lui a fait bon accueil. La troisième
réduction (le moi pur ou transcendantal) n'a pas bénéficié
du même support.
Si
la sophrologie a pris de l'essor dès les années
soixante, c'est plus par cette mouvance culturelle protestataire
de l'époque qui affirmait la suprématie de l'esprit
sur la matière en rejetant matérialisme, rationalisme
et consumérisme de la civilisation occidentale au profit
d'un mysticisme oriental.
A
l'heure d'aujourd'hui, nous pouvons dire que la 1° réduction
permet à l'homme de faire l'expérience de cette
autre réalité, l'état sophronique ouvre la
conscience vers des champs transcendantaux. Mais l'homme vit toujours
la même question : quoi en faire au niveau " devenir
" entre naturalisme et mysticisme ?
Nous appelons la sophrologie à sortir du stade de l'invitation
(1° réduction) à celui de la réception
(3° réduction) et sa concrétisation (4°
réduction)* dans l'action (5° réduction)*. Elle
est science et art thérapeutique mais aussi philosophie
(Nous adjoignons, ici, au modèle de la phénoménologie
de Husserl une 4° et une 5° réduction).
Nous
reprenons l'exemple de la bouteille mi-vide et mi-pleine, nous
aurions un changement paradigmatique, dans le rapport à
la connaissance (sujet-objet), comme suit:
-
1° réduction : il y a le vide et il y a le plein, c'est
paradoxal.
- 2° réduction : il y a le vide et le plein, le paradoxe
est une caractéristique essentielle du monde.
- 3° réduction : Il y a un réceptacle qu'est
la bouteille, il y a le vide et il y a le plein, par ce réceptacle,
le vide et le plein font " unité ".
- 4° Réduction : Le vide, le plein et le réceptacle
existent et sont structurés par un équilibre-hiérarchie
(harmonie) pour servir le nectar que le réceptacle contient,
c'est fonctionnel.
- 5° réduction : Le plein chasse le vide et le vide
chasse le plein. C'est parce qu'il y a le vide dans le réceptacle
que j'arrive à accueillir et à servir le plein.
Le plein nécessite un vide et un réceptacle et le
vide nécessite un plein et un réceptacle. Le réceptacle,
le vide et le plein ont un but : accueillir et servir.
Le lien entre le vide et le plein est structural, mais il est
aussi fonctionnel. La qualité de ce lien est déterminée
par la finalité que nous lui donnons.
Par
conséquent, il y aurait 3 types d'unités : La première
est structurale, elle est verticale, elle est unité. La
deuxième est fonctionnelle, elle est dynamique et horizontale,
elle est équilibre-hiérarchie. La troisième
est transversale, elle est en même temps centre et moteur
pour un projet d'action.
L'unité de 3° type, elle est ce par quoi le sujet,
l'objet et la conscience ont été " existenciés
", elle est finalité de la verticalité et de
l'horizontalité.
C'est par " Métaconscience " que pourra être
réalisé cette révolution dans le rapport
à la connaissance.
Suite dans l'article à venir : III- ORIENTATION ET REVOLUTION
DANS LE RAPPORT SUJET-OBJET.
ATTACHEMENT ET SOPHROLOGIE, DE LA RELATION SOPHROLOGUE-SOPHRONISANT
:
TRANSFERT,
ALLIANCE, MEDIATION
Par
Aude DEGHAYE, Psychomotricienne D.E
Membre de la société de Psychorythmie
D.E.S de Sophrologie
La
théorie de l'attachement, née des travaux de J.
Bowlby, puis de M. Ainsworth, a eu pour point de départ
l'observation clinique de jeunes enfants séparés
de leurs parents, du fait de la guerre, et confiés à
des institutions. J. Bowlby, de formation psychanalytique, affirme
que la carence de soins maternels à un âge précoce
est de nature à créer des troubles relationnels
importants pour l'individu. M. Ainsworth met en évidence
les trois principaux patterns de comportement à l'origine
des trois styles d'attachement : les sujets " sécures
", "anxieux-évitants " et "anxieux-ambivalents".
La notion de " base de sécurité " y est
fondamentale.
Les
ingrédients de " l'attachement " étaient
présents chez S. Freud (relation d'objet, étayage,
relation transférentielle) et chez les continuateurs de
la psychanalyse qui ont approfondi la relation dans le développement
précoce de l'enfant ( la phase schizo-paranoide et la phase
dépressive de M. Klein, les trois organisateurs et l'hospitalisme
de R.A. Spitz, la phase symbiotique et le processus d'individuation
de M. Mahler, les lignes de développement chez l'enfant
de A. Freud, la préoccupation maternelle primaire et l'aire
transitionnelle D.W. Winnicott).
Les autres ingrédients venaient des travaux de l'éthologie
: " l'empreinte " chez K. Lorenz, l'importance du contact
maternel chez H. Harlow et le besoin primaire d'agrippement de
H. Hermann.
On parle aujourd'hui de système d'attachement, de figure
d'attachement, de relation d'attachement et de pulsion d'attachement
(D. Anzieu).
D'autres
travaux rejoignent la théorie de l'attachement sans se
réclamer d'elle. Ce sont les travaux de la psychologie
génétique (J. Piaget, H. Wallon,
) qui ont
abordé la relation dans des préoccupations pédagogiques:
sociabilité primaire du nourrisson et zone proximale de
développement chez L.S. Vygotsky, médiation humaine
et ses critères d'intention, de transcendance, de signification
chez R. Feuerstein, l'étayage comme processus de médiation
sociale chez J.S. Bruner.
La
sophrologie, " science qui s'applique à l'étude
de la conscience humaine, (
) ", est une approche psychocorporelle.
Les techniques utilisées visent à mettre l'individu
à même de prendre en main la conduite de sa propre
totalité psychosomatique par le vécu de sa propre
conscience, par la maîtrise des moyens qui permettent d'en
modifier le contenu, les états et les niveaux de vigilance
et par le contrôle qu'il opère sur son propre psychisme
et sur son propre corps, de la façon la moins directe possible.
C'est aussi un art thérapeutique et une philosophie. Elle
a pour fondement théorique la phénoménologie
et l'existentialisme et pour fondement technique les procédés
de l'hypnose, les méthodes de relaxation occidentales et
des méthodes inspirées de l'Orient.
Elle peut se pratiquer à des fins thérapeutiques
ou à des fins pédagogiques et prophylactiques.
Dans la relation pédagogique, elle privilégie les
méthodes d'inspiration humaniste et dans la relation thérapeutique,
la méthode du transfert.
La sophrologie française (J.P. Hubert) a su ainsi, tout
en maintenant une ligne rigoureuse, intégrer l'inconscient
dans la pratique. Elle a ouvert des voies de recherche dans les
années quatre-vingt-dix sur cette dimension et l'on parle,
aujourd'hui, de " l'inconscient phénoménologique
". Il serait expérientiel, structural, matriciel et
transcendantal (A.Ameur). Il contiendrait les composants de l'inconscient
freudien, jungien et lacanien. Il contiendrait également
les " vasanas " des orientaux si on sait établir
tous les liens avec le " raja-yoga " qui a servi à
élaborer la relaxation dynamique. " Les structures
phroniques de la conscience possèdent à " l'état
latent " et " sous-jacent " toutes les possibilités
de l'être humain, d'une évolution et d'une transformation-immanence-rétromanence
" (A. Caycedo).
Le
système d'attachement est activé par la situation
thérapeutique ou pédagogique. En possédant
une grille de lecture des trois modes de relation, le sophrologue
est davantage en mesure d'anticiper et donc de mieux accompagner
le sophronisant.
Ces modes peuvent être appréciés à
la première consultation en sophrologie par la qualité
de la présence du patient, sa façon de rentrer en
contact avec le sophrologue et par les caractéristiques
de son système de référence (" sécure
", " évitant ", " ambivalent ").
Ils se différencient dans l'expression symptomatique (peu
de symptômes chez les " sécures ", hostilité
et somatisation chez les " évitants ", tendance
à somatiser avec dépression et ruminations chez
les " ambivalents ").
Ils se différencient aussi dans les stratégies d'adaptation
à la relation (recherche d'une " base de sécurité
" auprès du sophrologue chez les " sécures
", désactivation émotionnelle chez les "
évitants " et hyperactivation chez les " ambivalents
").
Il en résulte un mode de contact caractéristique
(" simple " et direct avec libre expression des affects
chez les " sécures ", les " évitants
" se tiennent à distance et les " ambivalents
" oscillent entre une avidité relationnelle et un
détachement prononcé).
Dans
la relation sophrologue-sophronisant, le transfert, l'alliance
et la médiation forment " la base de sécurité".
Les attitudes rogériennes et celles de R. Feuerstein peuvent
définir l'état d'esprit qui nourrirait " cette
base ".
" Toute personne est capable de changement, quels que soient
l'âge, son handicap et la gravité de ce handicap
(
) ". Mais pour qu'un changement se produise, il faut
qu'il y ait médiation humaine. Le médiateur est
la personne qui s'interpose entre l'enfant et le monde, qui interprète
pour lui ses expériences, qui réordonne, organise,
regroupe, structure les stimuli auxquels l'enfant est exposé,
en les orientant vers un objectif donné. La médiation
doit être animée par l'intention, la transcendance
et la signification (R. Feuerstein). L'attitude du thérapeute,
définie par J.H. Schultz, dans l'utilisation du cycle supérieur
du training autogène, est très proche de cette attitude.
Le sophrologue est le reflet de certaines représentations
du patient (transfert). Il est aussi médiateur. Il met
le patient en situation de développement, lui propose des
contenus et le laisse se saisir lui-même des choses en fonction
de son système de référence.
Sur
un plan technique et par ordre de priorité, le sophrologue,
avant de rencontrer le sophronisant, il est dans un état
d'esprit d'intention, de transcendance et de signification. Quand
il le rencontre, il est dans une attitude générale
d'accueil, d'empathie, de valorisation et de congruence. A la
suite de cette première rencontre, il se trouve dans une
relation de transfert et de contre-transfert. Il s'adapte au sophronisant,
à ses représentations, à la demande et propose
un projet thérapeutique ou pédagogique.
Dans les étapes de réalisation de ce projet, se
produisent des phénomènes transférentiels,
certes que le sophrologue doit accompagner avec art, mais se produisent
aussi des phénomènes " découvrants "
et vécus comme n'ayant jamais été vécus
auparavant, ils deviennent expérientiels. Ceux-ci peuvent
être en lien avec la qualité de la relation établie
ou en lien avec l'action sophronique sur les signifiés
matriciels, ils sont " développementaux ".
C'est dans le réaménagement de ce qui a été
vécu et la structuration de ce " nouveau " (matriciel)
que l'évolution du sophronisant, quant à son mode
de relation, va pouvoir avoir lieu.
Les mécanismes de la conscience d'immanence et de rétromanence
des structures phroniques produisent cette intégration
dynamique de l'être.
Le sophrologue dans son rôle de médiateur doit savoir
animer cette " base de sécurité-zone proximale
de développement ". Il doit savoir s'approcher et
approcher avec lui les stimuli qui favorisent le développement
du sujet. En revanche, il doit savoir s'éloigner et éloigner
avec lui les stimuli qui risquent de faire obstacle au développement
de celui-ci. Il doit savoir se tenir à la bonne distance
et ce de façon permanente et souple comme un curseur. Ce
n'est pas une position d'emblée facile ; sur quoi estime-t-on
un stimulus " favorable " ou " défavorable
" au développement?
Les types d'attachement éclairent sur la " bonne distance
" à tenir. Le sophrologue ne se tient pas au même
endroit selon que le patient est de type " sécure
", " évitant " ou " ambivalent ".
Dans
toute relation d'aide ou dans toute relation pédagogique,
c'est la totalité de l'être de l'individu qui est
engagée. L'attitude de médiation transcende la visée
et le champ d'application ; elle élargit, par conséquent,
le rôle et la responsabilité du praticien. C'est
une " attitude-pont " entre thérapie et pédagogie,
entre développement et réaménagement, entre
" transfert point de départ " et " transfert
maturé ".
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